C'est quoi, un chien réactif?
Le mot réactif, dans le contexte de l’éducation canine, est un mot chargé. En parlant d’un chien réactif, on imagine souvent un chien qui grogne, qui tire en direction d’un autre chien ou d’un individu. Mais est-ce que ça se limite seulement à ça? On s’entend, aujourd’hui, le mot est utilisé un peu à toutes les sauces. C’est ce qu’on a envie d’explorer avec vous dans cette infolettre!
Je commence par ma partie préférée dans ce type de réflexion : établir des définitions du dictionnaire. Au mot réactif...
Larousse dit: « Qui réagit, exerce une réaction vis-à-vis de quelque chose. »
Usito dit : « Qui réagit ou fait réagir. »
À partir de là, on pourrait presque dire que tous les chiens sont réactifs par nature. Et d’ailleurs, tous les êtres vivants le sont (nous inclus). Réagir à son environnement, c’est une fonction normale, nécessaire et même essentielle à la survie.
Donc oui : un certain niveau de réactivité est normal.
Là où la nuance devient importante, c’est dans l’intensité de la réaction et dans la capacité du chien à retrouver un état émotionnel stable après avoir réagi.
Pour nous, la réactivité deviemt problématique lorsque la réaction entraîne une perte de contrôle émotionnelle, c’est-à-dire lorsque le chien n’arrive plus à traiter l’information, à se réguler ou à revenir au calme malgré le soutien de son environnement. Donc, selon cette définition, la réactivité ne se limite pas aux jappements, au grognements ou au tirage en laisse. Cela comprend les réactions d’intimidation, oui, mais aussi les réactions de fuite, par exemple.
Un comportement réactif peut aussi être contextuel : un chien peut se montrer réactif en laisse mais pas en liberté, peut être réactif avec une personne mais pas une autre ou encore à la maison mais pas dans un parc. C’est donc primordial de connaître la raison de la réactivité, les comportements qu’elles cause et les contexte où elle est exacerbée. De cette façon, il est plus facile de savoir comment intervenir!
Ce que tous ces comportements ont en commun, c’est que le chien réagit plus vite qu’il ne peut réfléchir, que son système émotionnel prend le dessus et que sa capacité d’adaptation est dépassée à ce moment-là. Reste maintenant une question importante : faut-il intervenir auprès de n’importe quel type de réactivité? La réponse courte : oui!
Ceci dit, il faut savoir que si toute réactivité mérite d’être adressée, toute réactivité ne nécessite pas la même urgence d’intervention. Ce qui détermine quand on doit agir, ce n’est pas seulement le type de comportement, mais son impact et son niveau de risque.
Voici quelques pistes pour déterminer le niveau d’urgence dans l’intervention :
Est-ce que le chien semble parfois dépassé émotionnellement? Arrive-t-il à répondre à son manieur? Est-ce qu’il peine à retrouver le calme ou reste coincé dans sa réaction?
Les réactions sont-elles prévisibles? Peut-on anticiper ce qui déclenche le comportement, ou celui-ci apparaît-il de façon variable, avec une intensité qui augmente rapidement? Si les déclencheurs sont flous, variables ou s’accumulent, ou si l’intensité augmente rapidement, la situation devient plus délicate à gérer, même en l’absence d’agressivité évidente.
Il est également essentiel de reconnaître que le danger ne se limite pas à la morsure. Le chien présente-t-il des comportements qu’on pourrait considérer à risque, même sans morsure? Par exemple, sauter violemment par excitation, renverser une personne, tirer vers un stimulus au point de faire chuter son manieur, charger un autre chien, etc.
Enfin, ces comportements ont-ils un impact sur la qualité de vie? Les sorties sont-elles devenues sources de stress? La gestion prend-elle toute la place? La relation est-elle plus lourde qu’elle ne l’était?
En conclusion, j’aimerais qu’on réfléchisse à ceci : et si, au lieu de se demander « est-ce que mon chien est réactif? », on se demandait simplement :
« Est-ce que mon chien a les outils nécessaires, en ce moment, pour traverser les situations qu’il vit? »
Bonne semaine,
Sara-Maude