Un chien de refuge fait rarement un bon chien d’assistance…
Je vais être franche avec vous : ce n’est pas toujours facile à entendre, et certains ne seront peut-être pas d’accord. Mais si vous êtes curieux(se) de comprendre le pourquoi derrière cette réflexion, restez avec moi.
On le sait, la présence d’un chien peut être incroyablement rassurante et sécurisante. Mais il faut aussi reconnaître qu’un chien instable peut, au contraire, augmenter le stress de son humain… et très rapidement.
Chez l’humain, l’anxiété est parfois décrite par les psychologues comme un système d’alarme interne. Comme un détecteur d’incendie qui se déclenche pour nous dire qu’il est temps de changer quelque chose. Chez le chien, je vois la même logique : un chien qui réagit de façon disproportionnée nous montre, à sa manière, qu’il n’y a pas d’équilibre.
Alors posons-nous une vraie question : comment peut-on demander à un animal instable de devenir un pilier de stabilité… dans un environnement qui, lui-même, manque de stabilité?
Quand un chien se retrouve en refuge, il y a souvent (pas toujours, mais souvent) une raison comportementale derrière : manque d’outils du côté de l’ancien propriétaire, surplus d’énergie mal canalisé, problème de socialisation ou encore une mauvaise gestion des émotions. Bref, des choses importantes qui n’ont pas été mises en place et qui le rendent imprévisible et instable.
C’est pourquoi nous suggérons, sans jugement, que l’adoption d’un chien en refuge se fasse dans un milieu stable, sécuritaire et bien encadré. À mon avis, c’est la meilleure façon de lui donner une vraie deuxième chance, sans ajouter du poids sur les épaules du nouveau propriétaire. Parce qu’il ne faut pas oublier que la responsabilité d’un chien, surtout instable, reste énorme.
À l’inverse, quand on parle de choisir un chien pour accompagner une personne vivant avec de l’anxiété ou une condition comme l’autisme, la prévisibilité devient la qualité la plus précieuse. Un chien stable et constant peut alors devenir une véritable ancre de sécurité, un allié du quotidien, au lieu d’une source de stress supplémentaire.
C’est pourquoi on privilégie des chiens moins actifs, avec un mécanisme de défense moins sensible et une bonne capacité à gérer leurs émotions. Et non, ce ne sont pas tous les chiens qui peuvent remplir un rôle aussi important.
Mais parfois, il y a des exceptions (ah l’humain! 😉). Et dans ces cas-là, voici quelques points essentiels à évaluer :
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Le tempérament du chien (sans médication)
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Sa réaction face aux bruits
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Sa capacité à rester calme avec des étrangers
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Sa tolérance au toucher sans préavis
- Son niveau d'obéissance réelle, pas l'espérance de ce qu'il peut être.
En conclusion : quand on choisit un chien d’assistance, on choisit avant tout un compagnon stable… pas un projet de vie à réparer. Parce qu’un chien d’assistance doit être une ancre de sécurité, pas un défi supplémentaire.
Joanie