"Mon chien connait le rappel mais n'y obéit pas". Voici pourquoi!
On entend souvent : « Mon chien connaît le rappel… il est juste têtu. » Mais est-ce vraiment de la mauvaise volonté, ou est-ce qu’il manque quelque chose dans la construction du comportement?
Le rappel est un des comportements les plus utiles et les plus difficiles à fiabiliser. Plusieurs raisons peuvent expliquer pourquoi un chien ne revient pas, même s’il semble connaître le mot.
D’abord, la généralisation. Un chien peut très bien répondre au rappel dans le salon ou au parc quand il n’y a personne, mais dans un environnement riche en distractions, avec des odeurs, des mouvements, d’autres chiens ou un écureuil... ce n’est plus la même situation. Chez le chien, l’apprentissage est très contextuel. Ce qu’il apprend dans un lieu donné ne se transfère pas automatiquement ailleurs. C’est ce qu’on appelle la généralisation. Le cerveau canin encode l’environnement comme partie prenante du comportement appris. Pour que le rappel fonctionne dans toutes sortes de contextes, il faut l’avoir entraîné dans une diversité de situations, en augmentant graduellement la complexité.
Ensuite, il y a la balance motivationnelle. Quand on appelle un chien, on lui propose un choix. Ce n’est pas seulement une question de compréhension, mais aussi de valeur. Est-ce que ce qu’on lui propose est plus intéressant que ce qu’il fait à ce moment-là? S’il est en train de courir après une odeur ou de jouer avec un autre chien, le rappel doit représenter une meilleure option que ce qu’il laisse derrière. Sinon, il ne s’agit pas de désobéissance, mais simplement d’une décision logique, en fonction de ses priorités sur le moment.
Enfin, il y a l’association émotionnelle au rappel. Le mot « viens » ne vit pas dans le vide. Il est chargé d'émotions. Si, dans le passé, ce mot a systématiquement été suivi de frustration, de mise en laisse, de fin de liberté ou de retour en voiture, il peut devenir un synonyme d’inconfort. Le chien apprend à l’éviter. À l’inverse, si ce mot est systématiquement suivi de choses plaisantes, prévisibles, positives (que ce soit une gâterie, une interaction ou juste une transition claire) il devient porteur de valeur. Et ça, c’est souvent plus fort que n’importe quelle récompense isolée.
Alors voici ce qu'on doit retenir : un bon rappel n’est pas un réflexe inné chez le chien. C’est un comportement construit, entretenu et émotionnellement chargé. Il doit être pratiqué dans différents contextes, avec une progression réaliste. Il doit être associé à quelque chose d’agréable et de cohérent. Et surtout, il doit valoir la peine du point de vue du chien. Après cette lecture, que pensez-vous avoir à travailler sur votre rappel?
Joe